Les Aventures de Tintin – Les Sept Boules de Cristal [Critique]

Article rédigé par Henri

Tintin - Les Sept Boules de Cristal 1De nombreux albums de la série Tintin sont des diptyques – des histoires en deux parties. Les limites sont toutefois bien définies entre chacun de ces albums, ce qui n’est pas le cas du Temple du Soleil, dont la première partie – que je vous présente ici – se confond avec la seconde. L’histoire de la conception des Sept Boules de Cristal est toutefois plutôt singulière. Alors qu’il publie les strips (une ligne de 4 cases) dans le quotidien belge Le Soir à compter de 1943, Hergé, emporté dans les remous de la libération de la Belgique en 1944, sera contraint d’arrêter momentanément son récit ; un récit qu’il ne pourra finalement continuer, une fois blanchi par la justice, qu’en 1946 et la création du journal Tintin.

Petit retour en arrière, dans un premier temps : on avait quitté le capitaine Haddock alors qu’il prenait possession de son château de Moulinsart, et on le retrouve ici faire le dur apprentissage de la vie de châtelain – le jeu est ici de compter le nombre de monocles perdus par Haddock ! L’histoire permet également de confirmer le professeur Tournesol dans un rôle de personnage principal, mais aussi de retrouver quelques têtes déjà croisées auparavant : le général Alcazar, reconverti en lanceur de couteaux ; ainsi que la Castafiore.

Je m’égare toutefois un peu, car entre les nombreuses scènes humoristiques de l’album se cache une des aventures les plus mystérieuses de Tintin. Les fameuses boules de cristal n’exaucent pas des vœux, mais sont les « armes » servant à l’accomplissement de la malédiction de la momie de l’Inca Rascar Capac, qui doit s’abattre sur les 7 membres d’une expédition en Amérique du Sud. Tintin cherche ainsi à prévenir et protéger les personnes menacées. Plus grave encore, le professeur Tournesol se retrouve bien malgré lui impliqué dans cette affaire.

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Après l’Etoile Mystérieuse, Hergé revient à des éléments de fantastique, sur fond de malédiction inca. La scène la plus célèbre de cet album – reprise par ailleurs en couverture – est celle de la boule de feu surgissant d’un éclair pour tournoyer autour de Tournesol avant de pulvériser la momie de Rascar Capac. Beaucoup de mystères (la vision de la voyante, les rêves simultanés, les transes des membres de l’expédition…) restent par ailleurs sans réponses, et ajoutent à l’ambiance oppressante de l’histoire.

Cette première partie relatant la préparation à un plus grand voyage – à mettre en parallèle avec Le Secret de la Licorne – a connu sa forme définitive suite à la publication au format album en 1948. La publication originale n’a toutefois pas pu être achevée en temps et en heure, et s’arrête en fait à la page 48 de l’album. Les dernières pages (à l’exception de la 49 dessinée pour l’album) sont en fait reprises des premières pages de l’édition « Journal de Tintin » de 1946 du Temple du Soleil, afin de proposer un format standard de 62 pages. C’est donc peu dire que Les Sept Boules de Cristal et le Temple du Soleil représentent véritablement un tout, plutôt qu’un récit en deux parties.

Si vous souhaitez donc lire Le Temple du Soleil (l’un des albums les plus connus, ainsi que le plus adapté de la série), il vous est indispensable de commencer par Les Sept Boules de Cristal.

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