Dark Crystal

Dark Crystal Vedette

Depuis 1000 ans, le Crystal se meurent. La Grande Conjonction des Trois Soleils approche et annonce la Fin du monde ou son commencement. Les Skeksès et les Mystiques, deux espèces que tout oppose, sont en train de dépérir. La prophétie prédit que seul le dernier des Gelflings soignera le Crystal.

Par Wizzy le Barbu

1Avant Dark Crystal, il faut se rappeler ce que fut le phénomène télévisuel, hebdomadaire, du Muppet Show. Avec sa fanfare de marionnettes délires, de Peggy la Cochonne à Gonzo, en passant par le cuisinier suédois autour d’un invité célèbre, le faux théâtre du Muppet Show colorait de ses sketchs doux dingues et des chansons pleines d’entrain l’écran de télévision plutôt grisâtre du milieu des années 70 et émerveillait les mirettes des téléspectateurs pattes d’eph de tout âge. Preuve de son succès, les célébrités de l’époque se bousculaient au portillon (d’Elton John à Harry Bellafonte en passant par Charles Aznavour ou Sylvester Stallone) pour passer dans l’émission.

Derrière les marionnettes, un vrai rêveur du nom de Jim Henson. Avec une balle de ping-pong coupée en deux et un gant de toilette vert, cet homme barbu donna la vie à Kermit la Grenouille dans les années 60 et fit du minimalisme de fortune un coup de génie. De Cesame Street aux Fraggle Rocks, il insuffla également un charme sans pareil aux émissions jeunesse, avec une infinie sincérité et un soin artisanal qui force le respect.

Dark Crystal est le rêve ultime de ce rêveur… S’associant pour la mise en scène avec son compère de marionnettiste Frank Oz (qui a manipulé la marionnette de Yoda dans Star Wars), il s’entête à recréer le monde, à le réinventer. Pas un seul humain à l’écran, pas même une seule référence à l’humanité. Là où le Muppet Show se limitaient aux quatre murs d’un Théâtre, Dark Crystal recrée la nature et les créatures qui la peuplent. Illustrant à merveille cette idée, la scène de la forêt, grouillante d’une vie inconnue aux formes folles, où chaque arbrisseau, chaque rocher, peut-être de nature animale et vice-versa.

2Mais Jim Henson est aussi un conteur. Par le biais d’une histoire complexe et faussement manichéenne, il érige un passé tragique, un avenir imprévisible, des castes et des traditions. Les marionnettes se distinguent, impressionnent par leur diversité et semblent vivre en dehors de notre réalité, en dehors du film.

Prenons les Podlings par exemple, ces petits bonshommes avec des têtes de patate réfugiés dans des trous de troglodytes, chantent et dansent quand ils ne se font pas capturer par les Garthims, scarabées géants à la solde des Skeksès.

Les Skeksès, terrifiant mélange de vautour et de reptile, se repaissent de leur pouvoir sur le Crystal mourrant, festoient, se disputent ou extirpent l’essence de vie à de pauvres Podlings pour retrouver une jeunesse perdue.

Des Gelflings, des être elfiques massacrés autrefois par les Skeksès, Jen croît en être le dernier survivant. Il a été reccueilli très jeune par les Mystiques, d’immenses et paisibles sages à quatre bras, au museau allongé quelque part entre le chien et la taupe. Avant de mourir, son grand maître l’investit d’une mission, celui d’accomplir la prophétie : guérir le Crystal. Pour cela, il doit d’abord trouver Aughra, sorcière qui garde tous les secrets du monde et qui vit recluse dans son planétarium.

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De manière magistrale, Bryan Froud, illustrateur de fantasy, donne corps avec ces dessins à toutes les marionettes avec une finesse et un fourmillement de détails incroyables. Toutes les marionettes, des dizaines parfois, se meuvent sans entrave dans des décors irréels. Les marionettistes oeuvrèrent à se rendrent invisibles et le résultat est bluffant. On ne s’imagine à aucun moment du labeur qu’à du être la mise en scène de tous les effets mécaniques.

Après 5 ans d’un travail minutieux entre l’écriture de la première ligne du scénario et le clap de fin, l’ensemble est une œuvre unique, quelque part entre le songe et le conte de fée avec des thématiques intemporelles. La fin est à ce titre est une merveille de conclusion : intelligente, subtile et vraiment marquante. Dark Crystal est un pur film de fantasy, sans humour (ou presque : Fizgig la boule de poil, la teuf des Podlings), qui ne tend que vers une chose : émerveiller. Il y arrive sans peine.

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Lorsque le film sort en 1982, il récolte des critiques dithyrambiques, ainsi que le Grand Prix du film fantastique à Avoriaz. Mais trop angoissant, trop avant-gardiste pour les petits, le film rate sa cible et sera un demi-échec commercial. Il restera néanmoins dans les mémoires, devenant avec les années une référence du genre et un film culte.

Après l’échec de son deuxième film, Labyrinth qui s’entiche d’un David Bowie avec un postiche, Jim Henson envisagea de faire une suite à Dark Crystal. Il n’en eut pas le temps. Il s’éteint à l’âge de 53 ans des suites d’une pneumonie en laissant toutes ses créatures pelucheuses, à écailles et à plumes orphelines.

 




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