Doctor Who – 2005 à 2014 [Critique]

Article rédigé par Wizzy le Barbu
Doctor Who Vedette

D’une longévité sans pareil, la toute nouvelle série du Docteur reprise en 2005, entame en 2014 sa huitième saison avec des épisodes qui attirent jusqu’à 10 millions de Britanniques. Ce phénomène culturel typiquement anglais a donc mis près de quarante ans pour percer la Manche et nous parvenir, et encore de manière confidentielle sur France 4. Un conseil pour découvrir la série : V.O obligatoire. La V.F est en effet catastrophique (HORRIBLE, que ce soit la voix du Docteur ou celle des extra-terrestres).

MAIS QUI EST LE DOCTEUR ?

Ce personnage entre Sherlock Holmes et James Bond, est au cœur d’un petit mijoté de kitsch assumé, de SF délirante et de scénarios plus inventifs les uns que les autres. Dernier des Seigneurs du Temps dont le seul nom (secret) suffit à faire trembler l’univers et toutes les autres dimensions, il est un extra-terrestre à l’apparence humaine. Il dépasse les 1000 ans (à la saison 8), avec ses deux cœurs, un visage et un costume interchangeables à coup de régénérations.

La Régénération, parlons en, elle intervient lorsque le Docteur est mal en point. C’est surtout un procédé génial et bien pratique pour changer d’acteurs sans changer le personnage du Docteur (il a tout de même des traits de caractère et des expressions propres suivant l’interprète). Et de redonner du même coup un nouveau souffle à la série, ce qui explique sa très grande longévité.
Ainsi, le Docteur pour cette nouvelle série a déjà été incarné par quatre acteurs différents (12 en tout depuis 1963).

Christopher Eccleston    Daleks, Amy, Rory and the Doctor

En une saison, la seule à laquelle il participa (il s’en alla de son propre chef alors que la série était déjà un grand succès), Christopher Eccleston imposa avec son cuir et son talent une image très moderne du Docteur.

Son successeur David Tennant, dit « le dixième Docteur », a selon moi endossé le rôle à merveille, avec une grande classe et beaucoup d’humour, et a pris part aux épisodes parmi les plus marquants de la série.

Le onzième et le plus jeune de tous aussi, Matt Smith, marque en 2010 le début du style « Moffat » (Steven Moffat l’instigateur de la série Sherlock) sur l’ensemble des scénarios de la série : en résulte des paradoxes temporels en cascade et des scénarios qui aiment les tiroirs comme les surprises.

TARDIS ? VOUS AVEZ DIT TARDIS ?

David Tennant et Billie PiperRevenons maintenant à ce qui caractérise le Docteur. Avec son tournevis sonique (qui fait tout, comme d’ouvrir les portes fermées… sauf si elles sont en bois), le Docteur n’a pas besoin d’arme. Il peut tout faire, et d’ailleurs, il sait tout faire. Il se promène à bord de son TARDIS, un vaisseau spatial, plus grand à l’intérieur, et qui à l’extérieur a l’apparence insolite d’une petite cabine téléphonique bleue de la Police britannique. Aussi étrange que cela puisse paraître, le TARDIS est devenu un véritable monument de la culture anglaise !

Il se balade donc à bord de ce vaisseau très spécial à travers l’univers (aucune galaxie n’a de secret pour lui) et le temps (ce qui donne droit à des épisodes « à costumes » typiques de la BBC, de la Rome antique au XIXème siècle). A noter des rencontres incroyables sur Terre avec Shakespeare ou Vincent Van Gogh, un des épisodes les plus émouvants de la série.
Il est accompagné le plus souvent par une Terrienne avec qui il noue des relations, plus ou moins teintées de sentiments amoureux. Il arrive qu’il y ait aussi d’autres compagnons comme Rory Williams qui est le fiancé d’Amy, la partenaire du « onzième Docteur ».

Citons pour la postérité Rose (Billie Piper), la première des partenaires du Docteur pour cette nouvelle série ; et la véritable tornade que fut Donna (la pétulante Catherine Tennant), qui marqua les esprits par son franc-parler. Gaffeuse, souvent de mauvaise foi, avec un vrai caractère de cochon, elle n’hésitait pas à remettre en place le Docteur.

Et comme les humains qui l’accompagnent durant ses aventures, Le Docteur se pose des questions existentielles. Il a des doutes sur ses jugements, sur son sens des valeurs et sa haine féroce envers ses ennemis. Il devient parfois cynique, parfois violent et montre les heures les plus sombres de la série des facettes peu reluisantes de sa personnalité.

Mais il peut-être aussi un modèle de bonté tout en étant irrésistiblement doux-dingue, toujours plein d’entrain même devant les situations les plus inextricables. Il peut-être admiratif envers le genre humain, et être l’épisode suivant le protecteur des extra-terrestres opprimés contre ces mêmes humains.

LES BAD GUYS

Parlons maintenant des méchants récurrents de la série, qui depuis des décennies donnent des cauchemars au Docteur, aux petits britanniques et au scénaristes qui se succèdent : Il y en a des dizaines et des dizaines mais je ne vais citer que les principaux et ceux qui m’ont le plus marqué :

LES DALEKS : ils ont une apparence que beaucoup jugeront ridicule (ils n’ont jamais changé depuis les années 60), on dirait des sortes de poivrières ou de boîtes de conserve à roulettes. Lorsque je les ai vu pour la première fois, j’étais mort de rire. Dix minutes plus tard, je me suis dit « ah oui, quand même, ils font peur ». Leurs intentions les rendent particulièrement terrifiants car les Daleks n’ont aucun sentiment. Il ne souhaite qu’une chose : « EXTERMINER » toute forme de vie, les humains et les Seigneurs du temps en particulier. Ce sont les méchants emblématiques de la série, et les ennemis jurés du Docteur.

LES CYBERMEN : ils ont l’apparence de cyborgs et se servent du cerveau des humains pour agrandir leur armée. Ils sont disciplinés, redoutables et surtout très nombreux.

LES ANGES : les plus effrayants jamais créés (et récemment créés), leur simple présence font de l’épisode un événement. Ils ont l’apparence de statues classiques. Si jamais vous leur tournez le dos, si vous détournez le regard ou clignez simplement des yeux, les anges se déplacent vers vous, toutes griffes dehors. Un 1,2,3 soleil insoutenable, qui se finit par l’irrémédiable pour les victimes.

Les Daleks   Ange

LES OOD : des serviteurs serviles, une race extra-terrestre mise à l’état d’esclavage par les humains dans le futur. Mais
lorsque les Ood se réveillent, c’est d’une seule voix et avec les yeux rouges sang… Beaucoup de compassion mêlée d’effroi de la part des téléspectateurs à l’égard de ces extra-terrestres.

LES SILENCE : Des Roswell de très grande taille dans des costumes très classes de Men In Black. Un danger mortel, si on leur tourne le dos, on les oublie instantanément.

THE MASTER : Le double maléfique du Docteur, un Seigneur du Temps qui a très très très mal tourné.

LES ADIPOSES : des petits alien kawaï. Des boules de graisse, rigolotes, présentes dans un seul épisode et qui ont tout de même marqué les esprits. La preuve, on trouve des goodies à leur effigie.

Et il y en a plein d’autres à découvrir, une véritable mythologie s’est installé au fil des décennies. Et il n’est pas rare de retrouver des ennemis apparus 30 ans auparavant revenir dans les nouveaux épisodes. Leur apparence étant à peine modifiée, cela donne droit à un décalage assumé par la série, bien amusant.

LA SERIE, UN VERITABLE PHENOMENE

Outre les méchants, cette série a une capacité incroyable à se renouveler grâce à des scénarios inventifs, bourrés d’humour, de suspens, parfois sur la corde raide avec des twists à se taper la tête contre les murs et des climax dantesques.

La série brasse tous les genres de la SF. On trouve toutes les influences et plus encore : Alien, Star Trek, Star Wars, Dune, La Quatrième Dimension, The Thing, Doom, Terminator, les voyages dans le temps, les voyages inter-galactiques, l’étrange et même l’horreur gothique avec des fantômes, des vampires et des loups-garous. Tout, vous trouverez tout dans Doctor Who.

Les Ood

Preuve de l’aura de cette série, Peter Jackson, le réalisateur du Seigneur des Anneaux et de Braindead se bat pour réaliser un épisode de la série, l’un de ses plus grands rêves. Le célèbre écrivain et scénariste de comics Neil Gaiman en scénarisa certains avec un style inimitable. Au détour de certains épisodes, on trouvera également quelques guest stars parmi les acteurs : Simon Pegg, Timothy Dalton, Kylie Minogue, John Hurt ou bien sir Ian McKellen.

Grâce à un succès insolent et jamais démenti, la série a donné naissance à 2 spin-off : Torchwood, avec des épisodes plus violents, plus sombres que ceux du Docteur et une série destinée au jeune public, jamais diffusée en France, The Sarah Jane Adventure.

Si vous avez des à-prioris (« je comprends rien », »c’est zarb », « c’est too much », « c’est kitsch »), laissez-vous tenter par un épisode, de préférence le premier d’une saison ou un épisode de Noël souvent fédérateur en période de fin d’année. Et en V.O de préférence 🙂

Pour info, la saison 8, avec un tout nouveau docteur, l’expérimenté Peter Capaldi, est actuellement diffusée tous les samedis soir sur la BBC et très bientôt sur France 4.




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