Kung Fury [Critique]

Article rédigé par Wizzy le Barbu
Kung Fury image 1

L’histoire, c’est Kung Fury le meilleur flic du monde, qui se donne pour ultime mission d’affronter chez lui le plus grand méchant de l’Histoire de tous les temps : Adolf Hitler qu’on appelle également le « Kung Führer ». Grâce à l’aide de Hackerman, un nerd à mulette, il va donc voyager dans le temps…

RETOUR VERS LE FUTUR

Kung Fury image 2Il faut se rappeler qu’il y a près de deux ans, le 26 décembre 2013, fut diffusé un trailer déjanté, dont personne n’osait croire que le projet serait alors soumis au financement participatif avec succès.

Des parodies, des fausses bandes annonces, des fan-films amateurs, il y en a pléthore sur YouTube. A la différence près que ce premier trailer, trop bon pour être vrai, qui annonçait un vrai-faux film, était à lui seul un morceau d’humour barré, jubilatoire et coloré. Là se mêlait du Héros avec rutilante Ferrari et bandeau de Ninja dans le vent, du voyage dans le temps sur Commodore 64, etc… Kung Fury était né aux yeux des geeks hilares. Un trailer tellement bon, qu’il était comparativement au moins aussi jouissif que la fausse bande-annonce de Machete de Robert Rodriguez, un pur fantasme du film d’exploitation Mexicain avec du sang, des tacos et un Dany Trejo allumé en séducteur sécateur à moustaches. Sauf que Machete, converti en vrai film en 2010, fut un très long métrage poussif, décevant forcément au regard de la dynamite allumée.

Beaucoup s’imaginèrent que le projet Kung Fury qui atteignit les 630 000 dollars de budget grâce aux généreux fans allait provoquer la même déception. Un projet aussi barré allait-il tenir la route, et cela même si l’argent récolté était plutôt impressionnant.

DAVID, YOU’RE THE BEST OF THE BEST !

Kung Fury image 3David Sandberg n’a pourtant rien d’un amateur. Réalisateur de vidéo-clips et de publicités, concepteur de ses propres effets spéciaux. Il abandonne du jour au lendemain son gagne pain pour se lancer à corps perdu dans ses rêves d’enfance. Moutard, il se biberonnait aux jeux vidéo 8-bit, aux Tortues Ninjas, à Miami Vice, à l’Arme Fatale, les Cosmo Cats et j’en passe. Plus que ces images d’Epinal des années 80, c’est en écoutant la synth wave de Mitch Murder, une musique minimaliste et synthétique hantant des films comme Terminator, que David Sandberg décida de réaliser l’ultime compilation. Kung Fury est donc le film des films, des séries, des musiques des années 80 avec cette touche de nostalgie et d’amour qui dépasse le cadre de la parodie bête et méchante.

Près d’un an plus tard, un mois avant la sortie du métrage officiel, le clip de David Hasseloff chantant à tue-tête avec force brume et Lamborghini « True Survivor » fit monter la température d’un cran. Déjà, la Star américaine de K2000 et d’Alerte à Malibu, très connotée « années 80 » accepta sans condition de participer au film, après en avoir vu un premier montage d’une quinzaine de minutes. Ensuite, le clip, cumulant plus de 20 millions de vues, redore à lui seul une carrière, faisant du Has-been le gars le plus cool de la planète.

Kung Fury arrive. Et lorsqu’il débarqua en libre service le 28 mai 2015, c’est une belle claque que se prirent ceux qui suivaient depuis les débuts ce projet. Et les plus pessimistes rangèrent rapidement leurs fourches.

UNE CLAQUE DE COBRA ET UN KICK DANS TA FACE !

Parodie déjantée de tout ce qu’on a pu aimer gamin dans les années 80, d’une durée de 31 minutes, Kung Fury a dépassé toutes les attentes, générant une idée visuelle à la seconde, un gag débile à chaque plan. Un film esthétiquement outrancier où tout est filmé sur fond vert, entre FX impressionnants et système D plein d’astuces. Fauché si on est mauvaise langue, mais virtuose, bourré d’un peps inexistant dans le cinéma d’aujourd’hui. Je me suis pris une mega baffe devant la scène à la Old Boy avec du Beat’em all dantesque, style 16-bit, contre des Nazis et cette représentation typique des jeux vidéo en 2D. L’ambiance nocturne et couleur rose néon rappelle les premiers niveaux du célèbre jeu vidéo de SEGA, Streets of Rage. Kung Fury, avec son bandeau rouge et son bombers, ressemble à Axel ou à Terry Bogard. Et je ne parlerai pas des autres références, tant il y en a, de peur aussi de vous spoiler.

Kung Fury image 5 Kung Fury image 4

On sent que David Sandberg s’est fait plaisir. Et le scénario, parlons-en, il est ouvertement débile. Il y a des raccourcis scénaristiques volontaires tellement improbables qu’ils en deviennent géniaux. On a également une borne d’Arcade qui pète un câble, Hitler et des Nazis masques à gaz, Thor et son marteau (lequel dépasse dans tous les sens du terme le surfer avec son petit maillet du film de Marvel) et des bons dinos de toute taille comme dans un Kinder Surprise. Terriblement jouissif à regarder, à reregarder et à rereregarder ! La preuve, le film a cumulé 10 millions de vues en 4 jours et 22 millions en 6 mois. Et à la surprise générale, il a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en Mai dernier.

Pour David Sandberg, les Portes de la Gloire d’Hollywood lui sont déjà grandes ouvertes. Vivement la suite !

Bonus, le film :




Laisser un commentaire

Translate »