Les Aventures de Tintin – Le Sceptre d’Ottokar

Article rédigé par Henri
Le Sceptre D'Ottokar Vedette

Alors que le contexte géopolitique de l’époque est plus que tendu – nous sommes en 1938 lorsque commence à être publié Le Sceptre d’Ottokar dans Le Petit Vingtième – Hergé n’en perd pas moins sa volonté de décrire l’actualité de son temps à travers un nouveau pays fictif : la Syldavie.

1La petite monarchie d’Europe de l’Est, que l’on pourrait situer géographiquement quelque part dans les Balkans, mélange différentes cultures slaves, avec une langue germanique et des similitudes avec la Roumanie ou l’Albanie. Bref, un condensé d’Europe qu’Hergé va s’attacher tout au long de cet album à rendre crédible.

C’est une nouvelle fois par une rencontre fortuite que cette aventure commence, alors que Tintin retrouve une sacoche appartenant au professeur Halambique – le genre tête en l’air comme l’affectionne Hergé. Ce dernier doit prochainement se rendre en Syldavie, mais Tintin, découvrant que le professeur est sous surveillance, et que lui-même est menacé par des individus originaires de Syldavie, décide d’accompagner Halambique.
Tintin va donc se retrouver au cœur d’un complot visant le roi de ce petit pays, fomenté par son turbulent voisin, la Bordurie, autre Etat fictif qui a des envies de conquête, et présentée comme une dictature militaire bien plus puissante – en référence à l’Allemagne nazie.

Album étonnant que ce Sceptre d’Ottokar, puisque c’est en même temps que Tintin que l’on va découvrir le petit royaume de Syldavie. D’abord à travers le professeur et l’enquête de Tintin, puis en lisant une brochure détaillée sur l’histoire du pays, avec un réel soucis du détail : fondation du royaume, nombre d’habitants, capitale et principales villes, blasons et devise, coutumes, traditions culinaires… et bien sûr, la légende du fameux Sceptre d’Ottokar au cœur de l’intrigue. La lecture de cette brochure s’intègre parfaitement dans l’album et fournit ainsi de nombreux éléments à la compréhension de la suite du récit.

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Conséquence du souhait d’Hergé de donner de la consistance à ce pays issu de son imagination mais bien ancré dans le monde réel, l’intrigue met tout de même beaucoup de temps à démarrer. On sort toutefois des mécaniques habituelles des précédents albums où jusqu’à présent, Tintin luttait contre des malfrats ou des organisations de trafiquants en tous genres. Cette fois, ses ennemis sont des agents à la solde d’un Etat dictatorial, rêvant d’annexer son petit voisin.

Au rayon des personnages, si les Dupondt sont toujours présents pour assurer la petite touche humoristique de l’album, Le Sceptre d’Ottokar est un récit plus sérieux que l’Oreille Cassée et l’Ile Noire, le dernier également dans lequel Tintin et Milou forment encore un tandem indissociable. La Castafiore, seul personnage féminin d’importance dans l’univers d’Hergé, fait quant à elle une première apparition qui en appellera beaucoup d’autres.

Remarquablement dessiné et coloré dans sa version définitive de 1947, Le Sceptre d’Ottokar est agréable à lire, et donne envie de voyager pour de vrai en Syldavie !

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