Les Aventures de Tintin – Le Secret de la Licorne [Critique]

Article rédigé par Henri
Le Secret de la Licorne

Si je vous demande de citer spontanément un album de Tintin, il y a de fortes chances pour que votre réponse soit Le Secret de la Licorne ! Abordant le thème de la piraterie et de la chasse au trésor, l’album n’est pourtant pas une histoire d’aventure épique et exotique, mais une enquête durant laquelle notre héros reporter ne bougera pas de la Belgique ; un paradoxe comme les aime Hergé !

Publié en 1943, Le Secret de la Licorne s’échappe encore davantage de son époque que le précédent album (L’Étoile Mystérieuse), aussi n’est-il pas erroné d’affirmer que l’action se déroule dans une Belgique intemporelle. J’en veux pour preuve, la promenade de Tintin dans un marché aux puces qu’on retrouve encore tel quel dans le Bruxelles d’aujourd’hui ! Comme toujours avec Tintin, le démarrage anodin de l’histoire est le point de départ à une nouvelle aventure : la simple acquisition d’une maquette du bateau La Licorne, l’empressement de deux acquéreurs à la racheter à Tintin et la découverte fortuite d’un étrange message codé, conduiront le reporter à percer le secret de la Licorne !

Comme je le disais en préambule, pas d’aventure en mer… sauf dans les mémoires de François de Hadoque ! Véritable récit dans le récit, racontées par un Haddock en transe (et particulièrement bien chargé en rhum), les péripéties du glorieux aïeul du capitaine, confronté au terrible pirate Rackham le Rouge, ne sont pas seulement là pour égayer l’histoire, mais apportent surtout des éclaircissements sur l’intrigue… et la chasse au trésor.

Le Secret de la Licorne 2D’un point de vue narratif et graphique, cette scène démontre toute l’ingéniosité d’Hergé, en passant d’une case à l’autre du récit du capitaine à la retranscription des aventures de son aïeul. Le chevalier de Hadoque engage un duel contre un pirate ; la case suivante, son descendant le termine en pourfendant un coussin ! A aucun moment ces transitions n’apparaissent brutales ou incohérentes ; le récit est même d’une extraordinaire fluidité, et on se sent un peu comme Tintin, tout à la fois captivé et décontenancé. Une douzaine de pages mémorable qui constituent véritablement le cœur du Secret de la Licorne. On en oublierait presque l’intrigue principale et les antagonistes les moins charismatiques de la série (les frères Loiseau), néanmoins propriétaires du château de Moulinsart.

L’album aurait donc pu très bien pu s’intituler « L’histoire de la famille Haddock »… mais aussi « Les Dupondt à la poursuite du pickpocket », une intrigue secondaire qui démarre dès la première page pour n’être résolue qu’à la toute fin de l’album, en apportant également le dénouement final de cette première partie ; car oui, l’aventure n’est évidemment pas terminée et se poursuit avec Le Trésor de Rackham le Rouge !

Le Secret de la Licorne 3 Le Secret de la Licorne 4

Ce sont sans doute pour tous ces aspects que Steven Spielberg et Peter Jackson ont retenu Le Secret de la Licorne pour une adaptation assez libre au cinéma, sortie en 2011. Un album particulièrement plaisant à lire, à ranger parmi les meilleurs de la série !




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