Les Aventures de Tintin – Le Trésor de Rackham le Rouge [Critique]

Article rédigé par Henri
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Hergé est parvenu à nous faire miroiter une chasse au trésor tout le long du Secret de la Licorne ; sa seconde partie, publiée dans la foulée entre 1943 et 1944, répond enfin à cette soif d’aventure ! Même pas 2 ans après l’expédition marine de L’Étoile Mystérieuse, Tintin, Milou et Haddock repartent en mer… en compagnie d’un nouveau personnage : le professeur Tournesol !

Le Trésor de Rackham le Rouge 1Ce n’est pas la première fois que Tintin a croisé la route d’un scientifique farfelu, mais à la manière du capitaine qui s’est imposé de lui-même, Tournesol s’est invité l’air de rien, jouant de ses difficultés d’audition pour apporter une aide précieuse à l’expédition. Il n’est ici encore qu’un inventeur-bricoleur génial mais maladroit, dont le ressort comique fonctionne d’autant mieux qu’il a le don de mettre hors de lui le capitaine Haddock (et tout le monde en redemande, bien évidemment !). Ajoutons au récit les Dupondt, plus présents et toujours plus stupides à chaque album, et on se dit que Tintin a bien du courage de se lancer dans pareille aventure !

L’histoire ayant été si bien développée dans Le Secret de la Licorne, il faut tout de même reconnaître qu’elle est ici le point faible du Trésor de Rackham le Rouge. L’album suit un fil rouge bien précis, mais constitue davantage en une succession de scènes, souvent savoureuses, mais qui nécessitent obligatoirement la lecture préalable de la première partie pour être comprises. Le Trésor de Rackham le Rouge est en effet l’histoire d’une expédition foireuse, durant laquelle Haddock ne rapporte du fond de la mer guère plus que de vieilles bouteilles de rhum – mais quel rhum ! Chaque nouvelle exploration, sur l’île ou en bateau, entraîne les héros sur les traces du chevalier de Hadoque, mais le trésor continue de se dérober au fil des pages.

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Forcément, même si on devine là l’esprit espiègle d’Hergé, Le Trésor de Rackham le Rouge déçoit en première lecture tant il ne s’y passe finalement rien. Pourtant, c’est pour cette même raison que j’ai fini par apprécier réellement cette aventure, la première à être dépourvue du moindre antagoniste : personne à part nos héros ne pensent à lancer une expédition, personne ne songe à leur mettre des bâtons dans les roues. Le trésor existe pourtant bien, mais il n’est pas où on le croit : on le comprend, le premier d’entre eux est l’amitié de Tournesol, qui récompense ses compagnons bien au-delà de ce qu’ils auraient pu imaginer – il permet ainsi à Haddock d’acquérir Moulinsart, le château de ses ancêtres !

Pour le lecteur, le trésor, c’est aussi l’humour omniprésent. Hergé a pris plaisir à multiplier les situations absurdes, et signe des dessins toujours plus maîtrisés – il considère à titre personnel la première case de la page 25 comme l’un des rares dessins dont il s’estime réellement fier.

En dépit des apparences, Le Trésor de Rackham le Rouge est donc un album atypique, facile à lire mais impossible à résumer, difficilement adaptable au format cinéma – le film de Spielberg et Jackson n’en reprend que l’extrême fin et réserve le personnage de Tournesol pour une suite.

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