Les Aventures de Tintin – L’Île Noire

L'Île Noire Vedette

Exception faite du Pays des Soviets, destination peu engageante telle qu’elle est racontée par Hergé, Tintin était d’abord attiré par les voyages dans les contrées lointaines et exotiques  : Congo, Etats-Unis, Egypte, Inde, Chine, Amérique du Sud… Lire les premières aventures du reporter globe-trotteur, est un dépaysement ! Il aura fallu attendre 1937 et l’Ile Noire pour que l’Europe occidentale soit le cadre de l’intrigue.

Par Henri

1L’Europe n’était que le point de départ des premiers albums de Tintin, et encore, on ne voyait bien souvent que la gare, lorsque Tintin n’était pas déjà dans un bateau. Ce n’est qu’à compter de l’Oreille Cassée que le quartier de Tintin est davantage développé. L’Ile Noire débute quant à lui par une promenade en campagne, durant laquelle Tintin est victime d’une tentative de meurtre par deux aviateurs tombés en panne. On n’est jamais tranquille nulle part !
Lorsqu’à l’hôpital, Tintin apprend par la suite qu’un avion s’est écrasé en Angleterre, il croit reconnaître celui de ses agresseurs. Tout juste remis de ses blessures mais déjà pimpant, il quitte l’hôpital pour commencer son enquête et retrouver la trace des malfrats. C’est sans compter sur les complices des malfaiteurs, ainsi que les incorrigibles Dupondt, déterminés à arrêter Tintin qu’ils croient être un voleur.

Toujours sur une suite de quiproquos et surtout de mauvaises rencontres, Tintin se retrouve ainsi mêlé à une organisation criminelle établie dans un château sur une île en Ecosse, et dont le chef n’est autre que le Dr. Müller, un de ses rivaux les plus retors. Distance géographique oblige, Hergé ne manquait pas de documentation pour retranscrire fidèlement les paysages et villages traversés, mais se plaît de plus en plus à développer des ressorts comiques et récurrents à travers les Dupondt, toujours aussi délicieusement ridicules, ainsi que Milou, dont le penchant inattendu pour l’alcool et en particulier le whisky Loch Lomond préfigure sans doute le personnage du capitaine Haddock.

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L’Ile Noire est un des albums de la série ayant connu le plus de versions différentes. Initialement paru en 1937 dans Le Petit Vingtième pour être ensuite réédité en couleur dans les années 40, l’album sera revu en 1966 à l’occasion de sa première publication au Royaume-Uni ; comme la très grande majorité des lecteurs, je ne connais d’ailleurs que cette version. Obligés de revoir certains détails pour coller à l’Angleterre des années 60 (le camion de pompier notamment), Hergé et ses collaborateurs ont pourtant maintenu le récit de l’Ile Noire dans les années 30 : il en résulte ainsi quelques incohérences alors que Tintin découvre avec étonnement un téléviseur dans le repaire des bandits. Surtout, le récit puise son inspiration dans King Kong, à travers la « Bête » de l’Ile Noire.

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En dépit de ces modifications pas toujours heureuses, Hergé livre ici une histoire plus épurée et plus claire en première lecture, loin des considérations d’ordre politique du Lotus Bleu et de l’Oreille Cassée. Un album très accessible pour tintinophiles en herbe ou lecteurs non initiés.




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