Street Fighter : Le Film [Critique]

Article rédigé par Kim

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Street Fighter : pas le navet annoncé ?

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street-fighter-le-film-2A la sortie de Timecop en 1994, un projet « particulier » s’offre à Boobam Van Damme. Son nom : Street Fighter ou l’adaptation filmique du célèbre jeu vidéo. Dès lors, fantasmes les plus fous viennent en tête des fans et autres passionnés de jeux vidéo en herbe. Comment ce sera ? Qui va jouer Van Damme ? Quelle sera l’histoire ? Des questions qu’on peut se poser aujourd’hui encore. Mais malgré tout, je tiens à défendre le film, surtout par rapport à l’année où il a été réalisé, 1995. C’est le scénariste Steven De Souza qui se chargera de la réalisation, déjà auteur du scénario de Die Hard – Piège de Cristal en 1988. 1995 donc, une année et donc une période où les adaptations de jeux vidéo et autres mangas menaient la vie dur à Hollywood. Qui ne se souvient pas de Mario ou de Ken le Survivant, ou encore du Punisher. Plutôt rare, et on comprend pourquoi, l’adaptation de Mortal Kombat avec Robin Shou et Christophe Lambert, sortie une année plus tard, avait par contre attiser les critiques dans le bon sens du terme. Elles ne furent pas élogieuses, mais on saluait en quelques sortes les bonnes ficèles et les effets numériques bien choisis, tout comme les acteurs, les sept pour jouer les guerriers. Cependant, et ce sera un point indéniable, pour les effets numériques, ils sont complètement absents de Street Fighter. Comment !? Même pas un Ryu qui balance une boule de feu ? Quelle honte ! Et bien pas tant que ça. Et je pense que c’est là tout le raffinement de ce portage. Les scénaristes semblent avoir tout misés sur l’humour, plutôt que sur les effets. Bien sûr, Van Damme qui fait de l’humour, on ne voit pas ça souvent, même si des efforts sont fait en ce sens et ce, à chaque film. Non, je pense sincèrement que vu la montagne à gravir pour former un film décent pour tous les fans, autant contourner l’affaire sur un humour mi-premier mi-second degré. Évidemment, je ne vois pas en Street Fighter le film une œuvre imparable du 7ème Art, mais quand on compare toutes ces adaptations durant cette période jusqu’aux années 2000, même si elles sont peu nombreuses, le long-métrage n’est pas si mauvais. C’est ce que je tenterai de prouver dans cet article, l’état d’un film qui ne se prend pas du tout au sérieux et c’est cela sa force !

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Je n’ai jamais été fan de Street Fighter et j’ai vu, les yeux écarquillés, mon idole se battre contre Mr. Bison en personne le jour de sa sortie. Autant dire que j’avais presque les larmes aux yeux. Alors pourquoi dénigrerai-je ce film qui m’a mis des étoiles pleins les yeux ? Bien sûr, j’ai grandi, mais la flamme est toujours là. Et j’apprends à appréhender le film différemment depuis. Des choses m’avait échappés étant jeune : moi, ce que je voulais voir, c’est les combats de Jean-Claude Van Damme, et voir aussi comment TOUS les personnages, en les reconnaissant un à un, allaient être mis en scène.

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Dans le film, malheureusement, plusieurs libertés ont été appliqués. Il semblerait qu’ici, Charlie, le frère d’armes de Guile, et Blanka soit la même personne. Que Dhalsim soit un physicien scientifique, que Balrog soit du côté des gentils. Mais qu’importe, on voit TOUS les personnages du jeu ! Rien n’a été oublié ! Il y a même un personnage intéressant du nom de Sawada, qui fait partie de la troupe de Guile (JCVD dans le film). Un soldat que l’on peut également croiser dans le jeu du même nom. Street Fighter – The Movie (ou l’adaptation du film en jeu vidéo), ce même film étant déjà adapté d’un jeu ! Bref, on s’y perd ! Mais en fait, il s’agit là de donner du fan service aux jeunes, le film s’adressant plus aux passionnés de jeux vidéo en 1995. L’année a donc son importance. L’occasion en somme de se dire : « Ouah ! T’as vu ! Guile, il a fait son Sonic Boom ! » (bon, dans le film, il ne le fait pas, mais c’est pour l’exemple) ou encore « T’as vu, Ryu, il a fait sa boule de feu ! ». Pas impressionnant aujourd’hui ; en 1995, cela en jetait un max ! Du fan service.

Quand on revoit le film aujourd’hui, tout prête à sourire. Mais pourtant, quand on y regarde de plus près, on peut s’apercevoir du soin apporté aux acteurs choisis, aux costumes et au manque total de sérieux dans l’aventure. Et je dirai même plus, un léger côté parodique s’y est même installé. De quoi englober le tout dans la franche rigolade et pas du rire jaune. Comme je disais, les auteurs du film ont du se dire que la pente était trop raide pour pondre quelque chose d’acceptable, du coup, misons tout sur un pur Van Damme Movie avec sa personnalité mise en avant et sur un humour grand enfant. En ça, pour moi, le film marche et atteint son but.

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Pour ce qui est des personnages, je pense le choix des acteurs judicieux. Ming Na Wen, qui fait une parfaite Chun Li. Killy Minogue, qui d’autre pour jouer physiquement Cammy ? Même constat pour Wes Studi en ce qui concerne Sagat. Damian Chapa et Byron Mann (ce dernier vu dans Le Corrupteur ou Crying Freeman), pour Ken et Ryu, deux personnages mis à l’écart, mais acceptables dans les rôles des deux frères de sang ! Il n’y a que ce pauvre Raul Julia (décédé après le tournage) dans le rôle de Bison, qui peine à se faire une place et qui lui, se prend vraiment au sérieux. Son personnage ne semble pas avoir été mis assez en avant. Peut-être qu’il aurait fallu prendre un autre comédien ? Peu importe. Le choix m’a toujours semblé judicieux au final. Mais là où cela coince, et bah c’est pour les combats ! Et heureusement que Tonton Jean-Claude est là, car peu sont crédibles. Mais parvenir à faire un film en donnant une place à tout ces personnages, je salue l’effort !

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Mais revenons à la légèreté de ce Street Fighter – The Movie. Purement et simplement, elle englobe tout le film. Et justement, jouer sur les acteurs bien choisis pour leur plastique, mais pas pour leurs aptitudes au combat, peut être quelque chose de judicieux. Cependant, je ne pense vraiment pas que cela soit une volonté. Le film aurait mérité des combats plus accrochés, au moins disputés ! Là, rien. Dans le tas, seul Byron Mann, Ming Na Wen et Jean-Claude Van Damme peuvent se targuer d’avoir une certaine maîtrise, et encore ! Au final, seul le grand combat à la fin contre Bison vaut le coup. La grande séquence aussi, mais c’est pauvre. C’est pourquoi on peut se reposer sur cette légèreté. L’absurdité du personnage de Zangief, le je-m’en-foutisme de celui de Dee-Jay qui veut se barrer avec l’argent, la trop grande décontraction du colonel Guile ou encore la débilité des plans de Bison qui veut voir tout le monde à ses pieds en faisant des expériences sur le corps humain. Encore une fois, en 1995, peu de films parlaient de jeux vidéo. Je ne cherche toujours pas à hisser ce que tout le monde appelle un navet au rang de film d’action acceptable. Néanmoins, juste nuancer un peu ce Street Fighter avec ce qu’il a comme atouts.

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Résultat, ce film restera un bon souvenir pour moi. Aussi, faut-il aimer son acteur principal, cela m’a bien sûr grandement aider. Pour noter également ses qualités, Street Fighter le film possède aussi cette volonté de mimétisme (dans les costumes aussi, comme dit auparavant) dans les faits et gestes des combattants. Il n’y a qu’à voir le plan final. Aussi des petites notes parodiques insérées ici et là. Comme par exemple, pour présenter le QG de Mr. Bison, une voix retentit au fond criant nonchalamment « Good Morning Shadaloo ! », en référence au « Good Morning Vietnam ! », du film du même nom. Bref, Street Fighter : film pour gamins ? Oui. Navet ? Je ne sais pas. Pour moi, non. Un film pour ado conviendrait mieux. Quand aux adaptations de jeux vidéo sur grand écran, elles mènent toujours la vie dur à Hollywood. On peut applaudir Prince of Persia, on appréciera beaucoup Doom, mais celui qu’on peut classer au rang de nanar complet, c’est bien King of Fighters ! Un film qui, pour le coup, lui se prenait vraiment au sérieux !

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