Les Aventures de Tintin : L’Affaire Tournesol [Critique]

Article rédigé par Henri

tintin-laffaire-tournesol-1Après une chasse au trésor, un périple en territoire inca et un voyage sur la Lune, Tintin et ses amis aspirent à un peu de tranquillité ; ce ne sera pas encore pour cette nouvelle aventure commencée en 1954 dans le journal Tintin. Ce 18ème album n’est pas de prime abord le plus séduisant, car il marque le retour à des thématiques plus contemporaines, mêlant guerre froide, espionnage et arme de destruction massive. Pourtant, L’Affaire Tournesol est considéré par de nombreux tintinophiles comme l’œuvre la plus aboutie d’Hergé. Et il faut bien reconnaître que cet album leur donne de sérieux arguments !

Le capitaine Haddock veut profiter du calme de son château de Moulinsart, mais les éléments se déchaînent contre lui : un orage tout d’abord, des vitres et des vases qui se brisent, l’entrée en scène tonitruante de l’impayable Séraphin Lampion, et pour finir, des tirs visant le professeur Tournesol.
Profitant du départ de ce dernier pour Genève, Tintin et Haddock entrent dans le laboratoire du professeur pour vérifier si le phénomène des verres brisés ne serait pas le résultat d’une invention de Tournesol. Tintin et Haddock y découvrent une étrange machine, mais surprennent un bandit qui prend la fuite. Tintin comprend que Tournesol est en danger, et décide de partir avec Haddock pour Genève.

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Voilà un petit résumé des 16 premières planches, mais j’omets des tonnes de détails qui ont leur importance. L’Affaire Tournesol est en effet une histoire particulièrement dense, qui ne laisse jamais de repos au lecteur. A la poursuite (une nouvelle fois) de Tournesol, Tintin et Haddock sont constamment en mouvement, et l’avancement de l’intrigue ne connaît aucune pause ; un contraste saisissant avec Objectif Lune, dont je reproche l’étirement du récit.
Certaines cases contiennent même tant de détails, aussi bien dans les dessins que dans les dialogues, qu’il est même nécessaire de lire l’album plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités. Les vignettes sont souvent petites et resserrées, ce qui accentue le rythme soutenu de l’histoire. Outre le fait qu’il est passé dans la culture populaire, le fameux gag du sparadrap du capitaine Haddock est en cela très parlant : l’intrigue se poursuit, mais voilà le sparadrap ultra-collant ressurgir au détour d’une case, accroché à la veste de Haddock, et distrayant ainsi le lecteur !

tintin-laffaire-tournesol-4Quant à l’intrigue, elle se plonge à nouveau dans les tensions entre la Syldavie et la Bordurie, mais après Le Sceptre d’Ottokar (1938), le contexte a changé : la Bordurie n’est plus un État similaire à l’Allemagne nazie, mais se présente cette fois comme un pays du Bloc soviétique, dont les moustaches de son dictateur (Plekszy-Gladz) sont le symbole. La guerre froide n’est cependant qu’un cadre, car le but principal de Tintin et Haddock est bien de retrouver leur ami Tournesol, avant de régler un quelconque problème politique.

Pour tout amateur de Tintin, la lecture de L’Affaire Tournesol s’impose donc comme tout simplement incontournable, même si je ne le recommande pas forcément à un néophyte. Hergé est en effet au sommet de son art, et sa maîtrise de son univers est désormais telle qu’il peut en jouer, au point de proposer une aventure sans aucun temps mort.

L’édition album de 1956 a supprimé quelques cases de l’édition originale du journal Tintin, ce qui renforce par ailleurs la densité de l’histoire. L’Affaire Tournesol sera ensuite adapté en dessin animé dès 1957, et des rumeurs insistantes évoquent cet album pour une adaptation ciné par le duo Spielberg / Jackson.




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