Tintin au Congo [Tome 2 – Avis]

Article rédigé par Henri
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Après une première aventure au Pays des Soviets, Hergé n’avait qu’une seule envie : envoyer son héros en Amérique. Le directeur de son journal (Le Vingtième Siècle) ne l’entendit pas de cette oreille, et souhaitait vanter les mérites de la colonisation belge. L’histoire commence ainsi à paraître dans Le Petit Vingtième en 1930.

Tintin au Congo CouvertureLe reporter part ainsi au Congo belge montrer que les braves Africains ne sont que des grands enfants que le bon Européen doit éduquer. Pétri de tous les stéréotypes de son milieu bourgeois catholique, Hergé va ainsi aligner les clichés sur l’Afrique les uns derrière les autres (prix d’honneur Yabon Banania), sans avoir de recul sur son travail ; une erreur de jeunesse qu’il reconnaît volontiers.

Et l’histoire au milieu de tout ça, on la cherche encore. Il y a des gangsters qui viennent d’Amérique, attirés par les richesses du Congo, et qui veulent liquider Tintin pour qu’il ne mette pas son nez dans leurs affaires. Les journées sont tout de même longues au Congo (et Hergé n’est pas très inspiré), alors pour tromper l’ennui entre deux tentatives d’assassinat, Tintin prend son fusil et part dans la savane massacrer la faune locale. On peut ainsi compter plus d’une vingtaine d’animaux tués, le tout dans un esprit bon enfant (abattage en série de gazelles, dépeçage d’un chimpanzé pour faire un costume, explosion d’un rhinocéros à la dynamite – rien que ça !). On ne dirait pas comme ça, mais c’est gore Tintin au Congo ! Enfin, c’est surtout très bête.
Quant aux braves Congolais, Tintin se montre bienveillant, même avec les méchants qui finissent par se repentir. Car Tintin sait tout faire : il est guérisseur, professeur, et chef naturel. Et des bons Blancs comme Tintin, il y en a plein qui peuple la Belgique !

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3Honnêtement, à passer en revue tous les défauts de Tintin au Congo, je ne peux être que catégorique en affirmant que cet album est le plus faible de la série, et de loin.
Pour autant, mes poils se hérissent quand j’entends certains accuser Hergé de racisme. Tintin au Congo illustre la vision caricaturale qu’avaient les Européens de l’époque sur l’Afrique équatoriale, et constitue en cela un témoignage d’une grande naïveté.

La version de 1946 que nous connaissons a conservé la trame simple de Tintin au Congo, mais les dessins en couleur – la publication originale étant en noir et blanc – ont été entièrement refaits, et des références au passé colonial belge ont été supprimées. Malgré tout, l’album est accompagné d’avertissements au lecteur dans de nombreux pays (notamment le Royaume-Uni), et ne sera pas adapté en dessin animé dans la série télévisée de 1991.

Un album dispensable, sauf bien sûr pour les tintinophiles !

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