Tintin en Amérique

Hergé pensait pouvoir envoyer son héros en Amérique juste après avoir terminé la publication d’Au Pays des Soviets dans Le Petit Vingtième, mais il devra attendre 1931 : il fallait d’abord répondre à une commande du directeur de son journal, l’abbé Wallez.

Par Henri

1C’est ainsi que Tintin est parti en mission au Congo éduquer les gentils Africains – à moins que ce ne soit de massacrer par paquet de 20 des animaux. Hergé n’avait cependant en tête que son Amérique, et des éléments de l’intrigue du 3ème album se dessine dans Tintin au Congo. Oh ! Rien de bien compliqué en fait : après avoir contrarié leurs plans au Congo, Tintin vient à Chicago s’attaquer à une bande de gangsters dont le chef n’est ni plus ni moins qu’Al Capone en personne. Chose intéressante à signaler par ailleurs : le célèbre gangster est le seul personnage de l’univers de Tintin à avoir réellement existé, même si de nombreux personnages ont été inspirés de personnes réelles. Il faut dire aussi qu’Al Capone était déjà une légende au début des années 30.

Sans dire qu’il s’agit là d’un bon album, Tintin en Amérique montre enfin Hergé, débarrassé de contraintes éditoriales, écrire une histoire comme bon lui semble, même si celle-ci n’est pas toujours très cohérente. Comme si Hergé voulait condenser tous les Etats-Unis en un seul récit, Tintin super-héros cavale à grande vitesse à travers le pays, se retrouve confronté aux Indiens, et fait également coffrer tous les gangsters qui se dressent sur son chemin – il arrête même Al Capone mais le policier ne le croit pas !

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Au milieu de cet assemblage de saynètes inégales, l’impression globale qu’il n’y a pas encore une histoire digne de ce nom – plutôt une succession de courtes histoires vaguement raccrochées les unes aux autres, mais qu’Hergé est déjà capable de faire de bonnes choses sur quelques pages. Son travail n’est alors toujours pas sérieusement documenté et ne s’appuie que sur les impressions qu’il avait de l’Amérique de son époque. C’est ainsi qu’il regroupe allègrement Far West, Indiens, cow-boys, gangsters, grands espaces et villes dans un seul récit. Du même coup, de cette visite accélérée des Etats-Unis intemporels à la sauce Hergé, il n’en ressort que peu d’approfondissement, si ce n’est une esquisse d’un esprit critique intéressant, notamment concernant le sort réservé aux Indiens par les Yankees, mais aussi sur un pays où tout va plus vite – reprenant notamment les histoires véridiques de villes surgies de nulle part se construisant du jour au lendemain.

A l’instar de Tintin au Congo, Tintin en Amérique connaîtra une refonte complète et en couleur en 1946, dans laquelle Hergé reverra notamment de nombreux plans qu’il jugeait maladroits, tout en conservant à l’identique la trame scénaristique.

L’album, tout à fait lisible, garde un esprit très enfantin qui ne manquera pas de faire sourire.

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