Universal Soldier : Le Combat Absolu [Critique]

Article rédigé par Kim

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Universal Soldier – Le Combat Absolu : le meilleur épisode de la série ?

Je voulais attirer votre attention sur la série des Universal Soldier. Somme toute assez décousus et confus, les épisodes semble plutôt inégaux. Entre un premier sous la houlette de grands producteurs américains, un troisième fade dans son ambiance et un quatrième complètement tiré par les cheveux scénaristiquement, peut-être qu’en fin de compte la lueur se trouve sur le second, plus modeste, mais aussi plus virevoltant niveau mise en scène. Certes, les débuts de Universal Soldier premier du nom est une valeur sure. De gros moyens, mais aussi un scénario et une idée de base plutôt bien trouvée, reste les défauts du jeu de comédie de Jean-Claude Van Damme, alors plutôt à ses débuts. On peut penser alors que ces défauts peuvent s’apparenter à l’aspect robotique des soldats, des machines sans expression aucune. Mais pourquoi alors Dolph Lundgren s’en sort-il bien mieux ? Tel un Matrix, l’univers de technologie encré chez les individus présente donc une absence d’expression chez ces acteurs. Mais dans ce film, il y a décalage : on sent un malaise chez Jean-Claude, qui ne sait alors que jouer du coup de pied hélicoptère, dont lui seul a le secret ! Et quand un acteur principal joue mal ses scènes, c’est tout un film qui tombe à l’eau. Universal Soldier de 1992 n’en reste pas moins un bon film d’action, cependant il devrait contenir une tension dramatique (comme quand Luc Devreaux retrouve ses parents par exemple) qui n’existe malheureusement pas. On sent, contrairement aux productions Golan et autres de la fin des années 80, que le film ne veut pas être un film « de Van Damme », mais plutôt une grosse production dans laquelle serait intégré l’acteur. Ne parlons pas des épisodes 3 et 4 (quoique ce numéro 3 n’est pas trop mal) et encore moins du 2 et 3 bis (alias Universal Soldier 2 – Frères d’armes), que votre serviteur n’a pas vu et qui se joue sans JCVD.

   

En fait, il faut plus voir la série des Universal Soldier comme une non série. Une sorte d’enchainement de films n’ayant pas trop de rapport entre eux, à part le seul fait de retrouver Van Damme dedans. Des liens subsistent pourtant. Dans le premier, on plonge dans l’histoire de Luc, qui passe de soldat du Vietnam à être humain normal à la toute fin, en passant par l’intégration du commando d’élite des U.Soldiers. Dans le second, Luc se sert de son passé pour créer des nouveaux U.Soldiers plus performants, lui est toujours et est redevenu un être normal. Dans le troisième, une sorte de choc psychologique lui est arrivé. Jusqu’au dernier film, où il devient un renégat et un assassin (à moins que quelque chose m’ait échappé tellement ce quatrième épisode du Jour du Jugement est incompréhensible).

Pour parler de Universal Soldier – Le Combat Absolu, les bases sont celles-ci : film plus modeste donc, mise en scène (des combats surtout) assez ingénieuse et scénario banal. Certes, il s’agit ici d’un film d’action et tout le monde sait que dans ce cas, l’écriture est souvent tiré par les cheveux, sans compter l’aspect légèrement voir complètement en désamour du public vis à vis de JCVD. Mais laissons-lui une chance ! J’avoue être un grand fan. Du coup, point de mal pour moi pour m’immerger. Il est vrai que c’est tout l’attrait des films de ces grandes années où un simple nom pouvait monter des long-métrages de toutes pièces, contrairement à maintenant, où on prône la prétention de faire de grands scénarios à chaque fois et tenant en haleine du début jusqu’à la fin. Et le film fait la part belle aux cascades de la star. On peut lui reprocher son aspect trop dans la lune, mais pas sa connaissance du cinéma. Pas forcément implacable, mais sa volonté de faire du spectacle demeure intact à ce jour ! Il en est même devenu réalisateur le temps de quelques films d’ailleurs. C’est l’atout d’être une « Action Movie Star » qui connait les arts martiaux et qui déboule avec ses idées de perspective (y compris dans le montage) qui lui fusent dans la tête.


Concernant le film, comme dit auparavant, il reste modeste même si le côté bourrin de certaines scènes peuvent choquer jusqu’à un sens humoristique involontaire frisant le nanar. Pourtant, ce deuxième volet n’est pas un nanar, il désert juste un base fan de JCVD à sa juste valeur. Bref, me voilà servi ! Pour l’humour, on sait qu’avec la star, il n’a jamais été très fin, mais offre un côté cool à la série qui rentre « seulement » avec cet épisode dans un cadre grosse ou moyenne production et ce, avec continuité. Cela se gâtera avec les épisodes suivants d’ailleurs. Des moyens, il y en a, cependant on dénote des décors assez restreints pour certains ou ressemblant à du téléfilm pour d’autres. Le film se veut être une sorte de huit-clos dans son démarrage. Cela peut choquer maintenant et surtout vis à vis du premier, mais au cinéma, même si le film reste très court (moins d’une heure et demi), ça le fait ! Pour la base fan, il est vrai que ce Universal Soldier – Le Combat Absolu ressemble beaucoup plus à un film à la Van Damme, ce qui de mon point de vue d’aficionados de l’homme, remporte la palme du meilleur opus de la série. Néanmoins, et semble toute vraisemblablement, la structure du film tient mieux la route et arrive à tenir le spectateur en haleine pour peu que l’on aime ce genre de cinéma. Le combat tient bien entendu entre ces deux premiers films : soit on préfère l’aspect grosse production sous la houlette d’un « auteur » (si je puis dire, à savoir Roland Emmerich), soit le second, qui en terme de film d’arts martiaux est largement plus valable que l’aspect « trop grand pour Van Damme » du Universal Soldier 1. Aimer Universal Soldier – Le Combat Absolu, c’est d’abord aimer une star capable de vendre un de ses films et qui n’est jamais mieux servi que par elle-même. Bref, pour ceux qui ne l’aiment pas, passez votre chemin ! Et c’est tout l’art du pop corn movie des années 90 et antérieurement.


Pour le déroulement des scènes, l’action déborde et c’est tant mieux ! Et c’est ce qui le rapproche du film de Emmerich. Cependant, on appréciera un Van Damme qui semble avoir cette fois donné son point de vue sur les scènes de combat, cette fois contrairement au premier. A la fin de ce dernier, il est bien entendu évident que la star a orchestré son jeu de jambes contre Dolph Lundgren, mais dans celui-ci et c’est ce que JCVD sait faire, il semble avoir mené le film de bout en bout. Qu’on aime le personnage ou pas, il est certain que ceux qui le critiquent ne s’imaginent pas toute la passion et la volonté qu’il contient. Oui, ce dossier est aussi là pour vendre les bienfaits d’un Van Damme mal aimé. Pour en revenir au film, j’ai personnellement noté une certaine légèreté et surtout aucune prétention dans le déroulement du scénario et dans les interactions des acteurs entre eux. La présence d’un certain Bill Goldberg, catcheur de renom, y est aussi pour beaucoup. De Michael Jai White également. Toutes ces stars du grand écran et du petit, un brin plus confidentiels que les habituels Stallone ou Schwarzennegger, entre autres, sont donc réunis pour en découdre dans ce film d’action en rien exceptionnel, mais qui vous fera passer un bon moment. N’est-ce pas là l’essentiel ? Les personnages sont donc très fictifs, allant d’un Roméo auquel il manque une case (Goldberg), d’un Sid purement imaginatif dans l’univers avec ses coups de pieds dévastateurs (White), en passant par un Squid déprimant de stupidité (Brent Hinkley). Le point de départ commence par une sorte de Die Hard à la sauce Van Damme, où tous les protagonistes sont enfermés avec les Universal Soldier hors de contrôle dans un QG de l’armée américaine. De là, s’en suivra toutes sortes de scènes pour revenir au point de départ afin d’éliminer Sid, l’Ultra Unversal Soldier, venu se loger (étant un programme vérolé informatiquement) dans un nouveau corps. Luc Devreaux a une fille et rencontre aussi au cours de sa route une journaliste, pour qui il aura le béguin. Bref, toutes sortes de personnages pas très fouillés, mais est-ce bien le but ? Je crois que non.

Ces scènes, mélangeant très grosses fusillades et scènes de combat habillement chorégraphiées, proposeront également plusieurs et innombrables clichés à l’américaine. En outre, je voudrai rameuter du monde autour de films peu exceptionnels, mais léger et bien fait, ainsi que rondement mené. Et c’est le cas de ce Combat Absolu ! Comme clichés, je veux bien entendu parler des combats intermédiaires qui font prendre la mayonnaise peu à peu, des forces de l’ordre perpétuellement impuissantes face au désastre, d’une séquence dans une boite de strip-tease ou du traditionnel combat de fin, en d’autres termes le clou du spectacle !


Vous l’aurez compris, ce Universal Soldier – Le Combat Absolu n’occasionne pas trop de travail de nos méninges. Et c’est ce que je souhaiterai saluer. D’autant plus que le film fait la part belle aux cascades de Jean-Claude ! Il faut voir le combat final, même si bourré d’invraisemblances, comme un don de soi de la part de la star. L’art d’une réalisation nerveuse, mêlée à un autre art de se servir des éléments du décor afin de combattre et de survivre face au méchant. Rappelant un certain Jackie Chan d’ailleurs. Et pour enfin déterminer ce que cet épisode a de plus par rapport aux autres, c’est qu’il prend moins de risque et je pense que cela est sa force. Là où JCVD semble un peu perdu dans le premier, là où il semble embarqué dans des films un brin voir complètement incompréhensibles pour le 3 et surtout le 4, Le Combat Absolu nous sert de la série B convenable et agréable. Comme dit auparavant, un vrai pop corn movie !




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