Valérian et Laureline : L’Empire des Mille Planètes [Critique BD]

Article rédigé par Henri

La sortie du film de Luc Besson est une formidable occasion de mettre en lumière une BD de science-fiction connue, mais qui mériterait sans doute de l’être encore davantage.

La série Valérian, devenue en 2007 Valérian et Laureline afin de rendre justice au rôle de l’héroïne, est signée de Jean-Claude Mézières, dessinateur, et Pierre Christin, scénariste. Parue dans le journal Pilote à partir de 1967, les premières aventures de ce couple d’aventuriers spatio-temporels ont immédiatement conquis un public fan de science-fiction. Initialement centrée sur le voyage dans le temps, la série va s’intéresser à d’autres thèmes plus variés, comme le voyage dans l’espace, la rencontre avec des peuples inconnus ou encore la modification du passé et la création d’une nouvelle réalité parallèle.

Peut-être chercherez-vous à vous intéresser de plus près à Valérian, et ainsi vous demander par quel album commencer. Très appréciée, la série s’est vendue à des millions d’exemplaires, et a inspiré de nombreux films de science-fiction. Pourtant, c’est aussi une série très inégale, qui aura versé de 1967 à 2010 (date du dernier album, L’Ouvre-Temps) dans l’excellent, mais aussi le franchement médiocre. Alors, que vous conseiller ? Ma réponse est simple : L’Empire des Mille Planètes, le 3ème de la série (certes numéroté 2) !

Paru dans le journal Pilote entre 1969 et 1970, puis en album aux Éditions Dargaud en 1971, L’Empire des Mille Planètes est sans aucun doute possible un des sommets de la série, et même, une référence majeure de la science-fiction. Il présente également l’appréciable avantage de pouvoir être lu et compris sans commencer par les (par ailleurs) très bons premiers albums. Mais je parle, je parle… Interrompez-moi ! Parlons de l’histoire !

Cette aventure est la première incursion de la série dans le voyage spatial. Sous les ordres du Service Spatio-Temporel de Galaxity (la capitale de la Terre en l’an 2721), Valérian et Laureline partent en mission sur la planète Syrte afin d’observer cet empire et en évaluer le potentiel de dangerosité. S’introduisant comme de simples touristes, nos deux héros vont toutefois vite attirer l’attention des vrais maîtres de Syrte : les Connaisseurs.
Multipliant les échappées, affrontant des phénomènes totalement inconnus (et surprenants d’inventivité), s’infiltrant dans le palais impérial, explorant les bas-fonds de la capitale de Syrte à la rencontre d’alliés, Valérian et Laureline vont se retrouver à affronter les mystérieux Connaisseurs qui ont juré leurs pertes.

   

Cette rapide entame ne traduit pas toute la richesse de l’aventure, dont on jurerait presque qu’il s’agirait d’un Star Wars ; ce qui n’est d’ailleurs pas totalement faux, mais j’y reviendrai plus tard. Il a d’ailleurs fallu 3 pages – aux dessins magnifiques – pour présenter le cadre de L’Empire des Mille Planètes, avant de réellement commencer l’histoire en elle-même ! Une aventure constamment en mouvements, des décors grandioses du palais impérial au repère des Connaisseurs, et un duo très attachant, complémentaire et aux caractères très affirmés : Laureline, jeune femme énergique (et parfois agaçante), a ainsi un rôle égal à celui du héros un brin nonchalant qui a pourtant donné son nom à la série (tout du moins initialement). C’était en effet une volonté de ses auteurs de créer un personnage féminin joli, intelligent, mais qui va également aux devants de l’action ; tout le contraire d’une potiche, et avant-gardiste si l’on revient aux années 70.

L’album sera ainsi très remarqué dans le milieu des passionnés de BD de science-fiction, et a sans doute occupé une bonne place dans les étagères d’un certain George Lucas, tant les inspirations s’avéreront aussi évidentes que nombreuses. Bien sûr, Christin et Mézières ont pu protester lors de la sortie en 1977 de la Guerre des Étoiles, arguant qu’ils ont cru y voir un Valérian – ce qui n’est pas non plus le cas, tant les sources d’inspirations de George Lucas sont nombreuses – mais la lecture de L’Empire des Mille Planètes s’avère en cela très intéressante. Sans rien vous révéler des éléments clés de l’intrigue, vous serez forcés de reconnaître quelques similitudes troublantes entre Valérian et Star Wars, qui ne doivent rien au hasard.

Pour conclure sur mon article spécial Valérian, je dirais que s’il ne vous faut qu’un seul album de cette série, c’est L’Empire des Mille Planètes, pour toutes les raisons évoquées. Je ne peux que vous encourager à le découvrir !




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